Dégustation G&C Lurton VineYards

 

Dionysos a eu le plaisir d’accueillir, mardi 6 mars, le groupe familial Gonzague & Claire Lurton, représenté par Carline Virasack, responsable publique de la maison. La société est issue de deux grandes familles du vin bordelaises : les familles Lurton et Merlaut, qui possèdent depuis longtemps de nombreux châteaux dans la région de Bordeaux et dans le monde entier. Gonzague & Claire Lurton ont pris les rênes de leurs propriétés familiales Bordelaises en 1992 et 1993. A l’époque, leurs familles possèdent déjà :

- le Château Durfort-Vivens, 2ème Grand Cru Classé en 1855 à Margaux

- le Château Ferrière, 3ème Grand Cru Classé en 1855 à Margaux

- le Château Haut-Bages Liberal, 5ème Grand Cru Classé en 1855 à Pauillac

- le Château La Gurgue à Margaux

Cette dimension familiale est chère à Gonzague et Claire Lurton, d’autant plus dans un contexte où les grands châteaux bordelais sont souvent achetés par de grands groupes. Il faut attendre quelques années pour que le couple achète le Château Domeyne à Saint Estèphe. Puis en 2012, ils opèrent un premier grand changement dans le groupe en achetant le vignoble Acaibo en Californie dans la désormais célèbre Somoma Valley. La philosophie de G&R Lurton est de créer des vins à l’image du terroir plutôt que des vins stéréotypés, uniquement élaborés pour plaire. Ces valeurs sont issues d’une prise de conscience que pour produire durablement de grands vins, il faut respecter la terre et garder un terroir d’exception. Nous avons pu déguster six vins rouges, tous des Margaux (respectivement issus des Châteaux la Gurgue, Ferrière et Dufort-Vivens), ce qui nous a permis de découvrir l’appellation bordelaise possédant le plus de grands crus classés. En effet, Margaux représente 1490 hectares de vigne et 21 des 61 grands crus classés bordelais.

 

Château la Gurgue 2015

Prix : 22€

Cépages : 61% cabernet sauvignon, 32% merlot, 6% petit verdot

Le Château la Gurgue n’existe pas en tant que tel. En effet, tous les vins étiquetés « Château la Gurgue » sont produits sur le domaine du château Ferrière et correspondent à un second vin du 3ème grand cru classé. Ce château, première propriété de la famille, est un cru bourgeois (gage de qualité dans le Médoc) et produit des vins pouvant se boire rapidement. Le Château la Gurgue ne concurrence donc pas le Château Ferrière car les deux sont complémentaires. L’année 2015 est une grande année puisqu’on retrouve le fruit de 2009 et la précision de 2010. Tout le challenge de la famille Lurton est de produire un grand vin qui se boit jeune.

La robe de ce vin est sombre et pleine de générosité. Le nez révèle des notes de fruits noirs et des épices. La bouche est aromatique, charnue et présente une belle trame tannique. La finale est de qualité. Si on aère bien ce vin, il peut se boire mais gagnerait à attendre quelques années. Dans 5 ans, ce Château la Gurgue fera un très bon vin de table, à servir avec des viandes rouges braisées ou des fromages à pâte dure.

 

Château la Gurgue 2011

Prix : 22€

Cépages : 58% cabernet sauvignon, 40% merlot, 2% petit verdot

L’année 2011 est incontestablement un bon millésime. Les conditions météorologiques peu ordinaires (alternance entre chaud et intempéries au cours de l’été) ont profité au cabernet sauvignon qui a développé un très grand potentiel. Les tanins sont donc très élégants et le vin est très structuré.

Ce vin se pare d’une robe violette et le nez révèle des arômes frais de fruits rouges. En bouche cette impression est confirmée puisqu’on note des touches de cerise rouge ou de cassis et des tannins très souples (que l’on doit à la météo). Ce vin est parfait à servir à table avec un plat principal comme une viande rouge. Notons que le millésime présente une belle acidité ce qui est parfait pour la garde, cela lui donne de la tension et du relief.

 

Château Ferrière 2015

Prix : 40€

Cépages : 63% cabernet sauvignon, 33% merlot, 4% petit verdot

Fondé au XVIIIème siècle, le Château Ferrière a été classé en 1855 et acquis en 1988 par la famille Merlaut. Les 20 hectares de vignes, près de la Garonne, sont plantés sur des sols de graves profondes et de calcaire. Depuis 2015, ce domaine fait partie des 6 grands crus classés à être entièrement conduit en agriculture biologique. La qualité du millésime 2015 a été saluée par la Revue de vins de France, ce qui n’est pas sans rapport avec les nouvelles techniques utilisées, plus respectueuses du terroir.

La robe de ce vin est très profonde et intense. Le nez est dense, épicé et très éclatant. On décèle des notes de tabac et de minéralité. Une fois en bouche on sent le potentiel de ce vin puisque des arômes de fruits noirs se mêlent à des tanins puissants. Le vin est jeune mais déjà très élégant. Néanmoins le Château Ferrière 2015 a encore de beaux jours devant lui.

 

Château Ferrière 2006

Prix : 50€

Cépages : 72% cabernet sauvignon, 28% merlot

La météo de l’année 2006 a fortement profité au cabernet sauvignon. L’hiver a été rude mais cela a empêché le développement trop important de maladies cryptogamiques. Le printemps sec a permis de rattraper le léger retard de floraison de la vigne. Pour ce millésime ce sont 40% de barriques neuves qui ont été utilisées.

La robe de ce vin est violette. Au nez le bouquet aromatique est complexe, composé de fruits noirs mûrs (cassis et sureau), de cuir, de minéralité, de tabac blond et légèrement truffé. Les tanins sont présents, mûrs et enveloppés. Le vin est gourmand et généreux. En bouche, des arômes d’épices viennent compléter ceux des fruits noirs.  L’ensemble est équilibré et puissant. Ce vin possède un potentiel de garde important, mais il est possible de le servir à table dès maintenant.

 

 

Château Durfort-Vivens 2015

Prix : 55-60€

Cépages : 90% cabernet sauvignon, 10% merlot

Né au XIVème siècle, le château médiéval Durfort-Vivens est entièrement racheté en 1961 par la famille Lurton, alors actionnaire du château. Le vignoble, au cœur de Margaux, s’étend sur 55 hectares de graves profondes et pauvres. Classé en 1855, le Château Durfort-Vivens est un Margaux mondialement reconnu. En 2015, cela fait déjà trois ans que le Château Dufort-Vivens est conduit intégralement en biodynamie. Comme partout à Bordeaux, l’année 2015 a été extrêmement bonne ce qui laisse présager un beau millésime pour ce Château Durfort-Vivens.

D’une robe violette ce Château Durfort-Vivens 2015 offre un nez floral et fruité. En bouche le vin est d’une corpulence moyenne et d’une bonne longueur, et les arômes sont marqués par le fruit rouge, ainsi que les notes végétales. Ce vin est complexe et puissant. Il faudra encore de la patience pour que ce vin exprime tout son potentiel. Malgré tout, la bonne acidité laisse présager une très bonne évolution dans le temps. Ce vin sera incontestablement un grand vin dans les dix ans à venir.

 

Château Durfort-Vivens 2012

Prix : 50€

Cépages : 79% cabernet sauvignon, 19% merlot, 2% cabernet franc

La douceur hivernale de 2012 a permis une floraison précoce. Le mois d’avril a été très pluvieux ce qui a encore plus accentué cette réalité. L’été a été très sec ce qui a permis de contenir la pression phytosanitaire. C’est l’année qui a été choisie pour passer totalement en biodynamie et cela se ressent à la dégustation.

Le vin se pare d’une robe rubis profonde aux reflets grenat. Le bouquet aromatique est intense et complexe avec des fruits rouges comme la cerise griotte ou les groseilles, des notes de fleurs blanches, des épices et des notes de tabac blond. Ce vin doit son élégance à sa fraicheur minérale. Très caractéristique de Margaux, ce vin aux tannins soyeux est incontestablement un vin complexe, structuré et fin.

 

Le saviez-vous ?

Depuis 2007 la famille s’essaye à la biodynamie (à Haut-Bages Libéral), et depuis 2016 elle possède la moitié des grands crus classés entièrement conduits en biodynamie (soit 3 châteaux sur 6). Cela est remarquable car chaque année les grands crus classés bordelais sont très attendus et l’utilisation de produits phytosanitaires peut parfois compenser de mauvaises vendanges. Malgré tout, la famille Lurton croit beaucoup en l’avenir dans la biodynamie et cela est tout à son honneur.

Thomas Jefferson, ambassadeur en France avant de devenir le troisième président des Etats-Unis, place le château Durfort-Vivens juste après Lafite, Latour et Margaux dans ses notes de voyage.