Dégustation Château Lagrange

Pour la troisième dégustation de l’année, Dionysos a le plaisir d’accueillir le prestigieux Château Lagrange, représenté par son directeur technique Benjamin Vimal. Ce dernier nous a présenté six références dont une verticale de trois millésimes tout droits venus de Saint Julien. 

 

L’histoire du domaine 

 

Les traces de la première exploitation du domaine remontent au Moyen-Âge. Pourtant, on ne connaît véritablement les propriétaires du château que depuis 1691. Le nom du domaine est hérité de celui de la maison noble Lagrange Monteil. 

 
En 1855, Lagrange devient troisième grand cru de la classification des grands vins de la Gironde grâce aux efforts et à la vision du Comte Dûchatel, propriétaire de 1842 à 1874. Il innove et crée une fabrique de drains, étend le domaine à 280 hectares dont 120 en vignes. Cependant le vignoble périclite au XIXème siècle sous l’effet des maladies et du phylloxera. 

 

En 1983 le domaine renaît de ses cendres grâce au groupe de boissons japonais Suntory qui le rachète à la famille Cendoya. Suntory ne retrouve alors plus que 45 hectares cultivés. Rapidement, d’importants investissements sont réalisés : les chais et le château sont rénovés en 1986 et le vignoble progressivement étendu à 118 hectares pour retrouver sa taille du passé. Soixante hectares sont alors plantés en 2 ans : cet énorme investissement conduit à la création du second vin pour conserver et garantir la qualité du premier. Château Lagrange redevient dès lors en superficie l’un des plus grands crus classés de Saint Julien. 

Avec une altitude de 23 mètres, le centre du domaine est le point culminant de Saint-Julien. En outre, les sols sont très différents. Le haut du domaine est composé à 90% de cailloux. Le climat est plus chaud qu’en basse altitude, on y trouve donc le Cabernet-Sauvignon, plus tardif dans sa maturation. Le bas du domaine, plus froid, est composé au contraire de Merlot car sa maturation est plus facile. 

 

Le domaine est ainsi composé en majorité de 3 cépages, le Cabernet-Sauvignon, planté sur des sols de graves (65%), le Merlot, sur des sols plus frais (28%) et le Petit Verdot (5%) pour amener de la complexité. 

 

Depuis 2008, le château a une nouvelle politique de conservation de sa production à travers le temps. Par conséquence, il a pour objectif de conserver au moins 5000 bouteilles d’un même millésime au château, et ce même 10 après son élaboration. 

 

La récolte est effectuée manuellement. Les 102 cuves placées dans le cuvier du XVIIème siècle accueillent distinctement chaque année les 103 parcelles du château : cela permet d’avoir plus de précision lors de l’assemblage. 


 

Les Arums de Lagrange 2017

 

Cépages : 60% de Sauvignon Blanc, 20% de Sauvignon Gris et 20% de Sémillon

 

Prix : non-commercialisé 

 

Ce Bordeaux blanc n’est pas commercialisé à cause d’une production insuffisante suite au gel de l’année 2017. Davantage destiné au marché japonais depuis sa création en 1996, il nous a été présenté en exclusivité. Par ailleurs, son nom provient des fleurs blanches qui se trouvent près de l’étang du château. Il est élevé en barriques neuves à 50% pendant 6 à 7 mois et est exploité sur une surface de 7,5 hectares. 

 

La robe est de couleur jaune clair. Le nez offre une jolie complexité aromatique. Il révèle des notes de fruits acidulés, d’agrumes et plus légèrement de pêche. En bouche, le volume et l’acidité apportent beaucoup de tension à ce vin frais. On retrouve des notes de beurre et d’agrumes. D’autre part, il s’accorde parfaitement avec des fromages normands, comme le Neufchâtel, ou en accompagnant en plat une entrecôte Maître de Chai. 


 

Le Haut-Médoc de Lagrange 2014

 

Cépage :  59% Cabernet Sauvignon et 41% de Merlot.

 

Prix : 15€

 

Le Haut-Médoc de Lagrange est produit à partir de 18 hectares de parcelles rachetées en 2012 hors de Saint Julien. Éloigné de 5 kilomètres de la propriété, le climat y est plus frais. Il bénéficie tout de même des techniques de production du domaine, comme le triage des raisins par contrôle optique. Avec une production de 70000 bouteilles par an, le Haut-Médoc de Lagrange reste un vin accessible. 

 

La robe de ce vin est brillante et très violacée du fait de sa jeunesse. Le nez est moyennement complexe : des notes de fruits rouges sont complétées par des notes boisées. Les tanins sont racés et demeurent moelleux. Il est caractérisé par une fraîcheur et un équilibre propre au Haut Médoc, avec une longueur en bouche moyenne. Ce vin peut être gardé 5 ans. Il se marie très bien avec du foie gras, ou en plat avec une côte de bœuf. 

 

 

Les Fiefs de Lagrange 2010 

 

Cépage : 60% Cabernet Sauvignon, 31% Merlot et 9% de Petit Verdot

 

Prix : 20€

 

Les Fiefs de Lagrange est produit à Saint Julien, il est le second vin du château. Toutefois, cela ne signifie pas pour autant qu’il est à négliger. Ce sont en majorité des vignes jeunes qui sont utilisées pour sa production. Il a été élevé en barrique neuves à 20%, et peut se conserver 10 ans. 

 

La robe est couleur rouge franc avec des reflets pourpres. Au nez, des notes d’épices, de fruits noirs et de mûres se dégagent. En bouche, on apprécie sa fraicheur corrélée avec une puissance tannique importante. C’est un surprenant second vin, qui se marie parfaitement avec une omelette aux truffes ou un magret de canard aux morilles. 

 


Château Lagrange 2015 

 

Cépage : 75% Cabernet-Sauvignon, 17% Merlot et 8% de Petit Verdot

 

Prix : 40€

 

Nous commençons notre dégustation verticale avec Château Lagrange 2015. Malgré la fin d’année 2015 contrastée au domaine, car seulement 80% de la production a été récoltée, il appartient aux meilleurs des vingt derniers millésimes, derrière 2016, 2010 et 2005. Ce vin a été élevé 22 mois en barriques, à 60% neuves. 

 

La couleur est sombre avec des reflets pourpres. Le nez est aromatique avec des notes élégantes de fruits noirs, finement boisées avec un toasté fondu et discret. L’attaque, charnue et volumineuse, reste très élégante, soutenue par des tanins mûrs et veloutés. Il est à ce jour encore porté sur le fruit et le bois. 

 

 

Château Lagrange 2011 

 

Cépages : 62% Cabernet-Sauvignon, 32% de Merlot et 6% de Petit Verdot 

 

Prix : 45€

 

C’est le plus précoce des Château Lagrange depuis 2003, avec une récolte débutée mi-septembre. Caractérisé par un peu plus d’alcool, il a été élevé 20 mois en barriques. Pourtant excellent, il est beaucoup plus accessible que le millésime 2010. 

 

Au nez, il présente des notes de cassis et de cerise légèrement poivrée. Les notes boisées s’intègrent parfaitement avec une dominante de caramel. Le tanin s’est bien fondu avec le temps, et est maintenant fin et élégant. La tenue en bouche est bonne, le fruit est préservé. C’est un vin approchable au potentiel de garde remarquable. Comme tous les Château Lagrange, il accompagne à merveille tous les mets bordelais, en entrée, en plat, ou avec du fromage. Citons par exemple un agneau de lait de pauillac. 

 

 

Château Lagrange 2005 

 

Cépages : 46% de Cabernet Sauvignon, 45% de Merlot et 9% de Petit Verdot. 

 

Prix : 70€

 

Le millésime 2005 est marqué par des conditions climatiques exceptionnelles et une grande sécheresse. Pourtant, il est tout à fait réussi, et nous est présenté comme le modèle du Saint Julien façon Lagrange. 

 

La robe est pourpre, et très élégante. Le nez est plus complexe : il présente toujours des notes caramel plaisantes, mais dissimulées par un doux boisé. Les tanins sont veloutés, la matière est riche. Le vin est très équilibré. Même après 13 ans de garde, la fraîcheur caractéristique de château Lagrange est très présente. Cela en fait un vin qui allie puissance et finesse. 

 

 

 

Le saviez-vous ? 

 

Pour se prémunir du gel des vignes qui peut survenir en Bordeaux et qui serait désastreux pour les vignes, le Château Lagrange ainsi que d’autres vignerons font parfois appel à des hélicoptères. En volant à basse altitude, ces derniers brassent en effet l’air froid vers le haut et inversement : le petit degré de chaleur gagné est alors suffisant pour éviter le gel. 

 

L’exploitation est dotée d’un système d’analyse de la densité de feuillage par drone. Cela permet d’adapter la quantité de produits utilisés à leur stricte nécessité.