Dégustation Bollinger

 

« Je bois seulement du Champagne quand je suis heureuse et quand je suis triste. Parfois j’en bois quand je suis seule. Quand je suis avec des amis, je le considère comme obligatoire. J’en déguste une coupe ou deux si je ne suis pas pressée et j’en bois quand je suis pressée.

À part ça, je n’y touche jamais. Sauf si j’ai soif. »

Madame Jacques Bollinger, à la tête de la maison de 1941 à 1971

 

Nous avons eu le plaisir de recevoir Mme Dorothée Bonnaire, en charge du marché français, pour nous présenter la maison Bollinger et nous expliquer comment on élabore ce Champagne.

Au XIXème siècle, le Comte de Villermont hérite d’un domaine dans les environs d’Aÿ et sent tout le potentiel de cette région viticole. Toutefois son titre de noblesse l’empêche de faire acte de commerce, il s’associe donc à Paul Renaudin, un homme de vin champenois et Joseph Bollinger, homme d’affaire allemand. La société Renaudin-Bollinger & Cie est alors fondée en 1829. Et puisque le hasard fait bien les choses, Joseph Bollinger épouse la fille du Comte de Villermont. En revanche, Paul Renaudin n’ayant pas eu d’enfant, c’est le nom de Bollinger qui perdurera pour cette maison, encore familiale et entièrement indépendante aujourd’hui. Ce sont les descendants de Joseph Bollinger qui détiennent aujourd’hui ce riche patrimoine.

Environ 3,5 milliards de bouteilles de pétillants et effervescents sont vendues par an dans le monde. Seul 10% d’entre elles sont du Champagne, ce qui fait 312 millions de bouteilles pour l’année 2015. Bollinger représente 1% de ce vaste marché, soit environ 3,5 millions de bouteilles vendues par an.  La maison possède 165 hectares de vigne exclusivement en Marne, dont 85% classés en Premiers et Grands Crus. Le Champagne Bollinger se compose principalement de Pinot Noir, cépage qui donne de la structure, de la densité et une meilleure capacité de garde au vin, mais aussi de Chardonnay, qui offre de la finesse et de l’élégance, et de Pinot Meunier, qui donne de la rondeur au vin.

La maison utilise exclusivement la Cuvée, c’est-à-dire la « première presse » des raisins. Cette dernière se constitue des 20,5 premiers hectolitres de jus des 25,5 hectolitres extraits de 4 000 kg de raisins. Les 5 hectolitres restant (« seconde presse ») sont revendues à d’autres producteurs. Par ailleurs, la fermentation est le point clé du processus de vinification. Chez Bollinger, elle est faite de manière traditionnelle dans des fûts en chêne. Les 3500 tonneaux utilisés sont toujours anciens, ce qui permet au vin de s’habituer à la présence de l’oxygène et vieillit mieux. Une partie des vins de tonneaux est gardée pour reconstituer ou augmenter la bibliothèque de magnums des vins de réserve. En effet, chaque année ces derniers sont mis en bouteille dans des magnums, par cépage, afin d’assurer la régularité des non-millésimés. Lorsque ces vins sont utilisés, du sucre et des levures y sont ajoutés afin de réitérer la fermentation qui protègera le vin et développera sa capacité. Ce n’est pas moins de 700 000 magnums qui constituent ces « bombes aromatiques ».

Bollinger adopte un processus de long vieillissement pour ses vins, avant de les dégorger (moment où l’on expulse les levures). En effet, 3 à 4 années de vieillissement ont lieu pour les non-millésimés, alors que l’appellation n’exige que 15 mois, et 6 à 10 ans pour les millésimés, où l’appellation exige seulement 36 mois. Enfin, la maison prête une attention particulière au bouchon traditionnel en liège utilisé pour tous les vins qui restent plus de 6 ans en cave. Le liège protège mieux les vins de l’oxydation que la capsule métallique. Toutefois le bouchon en liège implique quelques désagréments, que sont le remuage manuel et le dégorgement manuel. Un remueur tourne environ 45 000 bouteilles par jour !

Enfin, on apprécie le côté vieux vin dans tous les Champagnes dégustés, qui est la marque de fabrique de la maison.

 

Spécial Cuvée

« La figure emblématique des non-millésimés. »

Cépage : 60% Pinot Noir, 25% Chardonnay, 15% Pinot Meunier.              

Prix : 45€

Histoire : 120 différents vins sont présents dans ce Champagne. On peut noter que tous les Champagnes de la maison Bollinger sont des bruts et extra-bruts. En effet, la maison s’efforce de réduire le sucre dans ses breuvages, afin d’augmenter leur acidité et leur finesse.

Dégustation : A la vue, on remarque des bulles fines et une jolie couleur dorée. Le nez se décline sous une belle complexité aromatique de fruits mûrs, de pommes rôties, voire de compote, qui laisse place, en bouche, à une jolie structure et une longueur aux notes de poire, de brioche et d’épices.

 

Bollinger Rosé

« La fraîcheur d’un rosé, la structure d’un Bollinger. »

Cépage : 62% Pinot Noir, 24% Chardonnay, 14% Pinot Meunier.

Prix : 60 à 65€

Histoire : Ce Champagne a fait son entrée dans la gamme en 2012. Avant lui, elle ne comptait pas de Champagne rosé non millésimé. La maison élabore elle-même son vin rouge, qui est très concentré grâce au Pinot Noir. Ainsi il ne représente que 5 à 6% du mélange, alors qu’en général il est présent à hauteur de 10%.

Dégustation : Sa couleur intense et ses reflets modérés annoncent un Champagne délicieux. Au nez, on retrouve des notes de petits fruits rouges, comme la groseille, la cerise et la fraise avec des touches d’épices. En bouche, on ressent des arômes semblables, avec notamment de la framboise.

 

La Grande Année, 2005.

« La quintessence d’une vendange dans le respect d’un style. »

Cépage : 70% Pinot Noir, 30% Chardonnay

Prix : 105 à 110€

Histoire : Seules les années hors du commun ont le privilège d’être millésimées chez Bollinger. En effet, il n’y a pas un millésimé tous les ans ! Ce vin est issu de l’assemblage de 13 crus dont 95% de Grands Crus et 5% de Premiers Crus.

Dégustation : Les bulles fines et la robe teintée de reflets dorés habillent ce Champagne, qui au nez arbore une belle complexité, avec des arômes de miel, de pain d’épices et de cannelle. En bouche, c’est un vin souple aux arômes de pâtisserie, d’orange confite et de fruits mûrs que l’on découvre.

 

La Grande Année Rosé, 2005

« Le subtil assemblage d’un vin rare et d’une parcelle unique. »

Cépage : 68% Pinot Noir, 32% Chardonnay

Prix : 130€

Histoire : Ce rosé est une des signatures de Madame Bollinger, qui décide de millésimer un rosé, en faisant une rencontre unique entre un Champagne millésimé d’excellence et un vin rouge issu d’une parcelle unique, la mythique Côte aux Enfants. Produire du vin rouge en Champagne est une tâche compliquée, mais Bollinger se prête brillamment à l’exercice : une rareté.

Dégustation : A l’œil, on observe une belle robe saumonée aux reflets orangés. Des notes épicées, grillées, voire torréfiées sont présentes au nez. En bouche, on retrouve des arômes de cerise, voire de kirsch, mais aussi de pain grillé avec une belle vinosité et beaucoup de fraîcheur.

 

 

Le saviez-vous ?

La présence du Champagne Bollinger dans les films James Bond provient d’une longue amitié de plus de 40 ans, née d’une rencontre en 1978 entre Albert Broccoli, le producteur des films, et Christian Bizot, PDG de la maison Bollinger à l’époque. Cette présence dans ces films britanniques semblait logique car Bollinger est fournisseur officiel de la famille royale, aux côtés de sept autres maisons de Champagne. Par ailleurs, Bollinger est mentionné pour la première fois dans le roman de Ian Fleming, Les Diamants sont Eternels, qui offre une communication internationale à la maison.

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