Dégustation Angelus

 

Compte rendu de la dégustation : 

En ce début de mois de novembre, le Château Angélus est venu redonner un peu de couleur (et surtout de chaleur) à nos déshéritées contrées lilloises en proposant à la dégustation quatre références dont le grand cru classé A, auquel son prestige doit tant. Nous avons eu la chance de profiter de l’expertise de Laurent Benoît, directeur de la communication du Château, pour guider cette très belle dégustation.

Logé sur la rive droite de la Dordogne au cœur du premier domaine viticole de France en termes de surface d’appellation (50000 hectares), le Château Angélus dispose de 39 hectares de vignes sur les collines de Saint-Emilion. Orientés au sud, les ceps bénéficient d’un ensoleillement optimal au cœur de l’appellation qui couvre une superficie de 5400 hectares. Par ailleurs, les sols sableux et la faible déclivité des pentes du vignoble assurent un approvisionnement en eau régulier et un drainage efficace. L’encépagement est, quant à lui, caractéristique du Château. On y retrouve pour moitié le Merlot, à son aise dans les climats continentaux et les sols froids, le Cabernet Franc, unique cépage autochtone du bordelais (les autres sont un legs des romains qui les importés du bassin méditerranéen dans le cadre d’échanges commerciaux), et le Cabernet Sauvignon qui s’épanouit aussi bien sous les latitudes du Canada que du Liban. Les vignes y sont en moyenne âgées de quarante-cinq ans.

Fondée en 1782, la famille de Boüard de Laforest est aux commandes du Château depuis huit générations. Le domaine doit son nom et son emblème- une cloche- aux carillons qui signalent chaque matin à sept heures l’heure de l’Angélus. Participant depuis 1994 au classement des vins de Saint-Emilion, le Château a franchi un cap significatif en 2012 en classant son premier grand cru, le Château Angélus, dans la catégorie A des grands crus aux côtés de Cheval-Blanc, Ausone et Pavie. Angélus est également l’un des premiers domaines à avoir pratiqué le tri des raisins dans les années 1980, et est habitué des choix ambitieux, comme le démontre son développement de la vinification parcellaire (qui consiste à vinifier chaque parcelle dans des cuves dédiées) et l’emploi presque exclusif du bois jeune pour la plupart de ses barriques.

 

La Fleur de Boüard, Lalande-de-Pomerol, 2011

Encépagement : 85% Merlot, 8% Cabernet Franc et 7% Cabernet Sauvignon

Prix : A partir de 23,75 euros

Général : Le millésime 2011 est considéré comme standard dans le bordelais. Ce vin a été élevé pendant un an en barriques composées entre 70-80% de bois jeune et produit à 150 000 bouteilles. Il a également bénéficié d’une vinification dans des cuves à bascule suspendues qui dispensent de l’habituel bâtonnage qui a traditionnellement lieu en fin de macération, et ce de façon à remettre les lies (cadavres de levure qui sédimentent au fond du contenant) en suspension dans le vin. En outre, le bâtonnage permet d’enrichir la structure du vin en favorisant la dispersion des tanins et du glycérol dans le liquide.

Dégustation : La robe rouge grenat très intense luit de reflets pourpres violacés. Le disque est limpide et brillant. Au nez, le vin dégage des arômes boisés et de cuir. Le vin est épais, structuré, riche et généreux. Les arômes de fruits noirs du Merlot extra mûr, vendangé tardivement et aux rendements faibles sont sublimés par les arômes de vanille. La fin de bouche voit les arômes perdurer pendant quatre caudalies.

 

 

Carillon d’Angélus, Saint-Emilion Grand cru, 2012

Encépagement : 70% Merlot, 15% Cabernet Franc et 15% Cabernet Sauvignon

Prix : A partir de 76 euros

Général : Année au climat peu favorable, ce second vin d’Angélus procède d’un savant compromis qui privilégie la souplesse et la fraîcheur aux traditionnels accents tanniques de cette cuvée créée en 1987. Les vignes qui produisent ce vin ont reçu le même traitement que celles produisant le Château Angélus avec une récolte et un tri manuel, puis un passage dans une cuve en inox thermorégulée pour une durée de 12 à 14 mois. Ce vin est produit à environ 30 000 bouteilles et doté d’une longévité de 15 à 20 ans.

Dégustation : La robe rouge aux éclats violets attire d’emblée le regard. Le disque est une fois encore, limpide et brillant. Le nez est particulièrement boisé avec des notes de réglisse. La bouche est gourmande et les tanins sont soyeux. C’est surtout la sensation de fraîcheur servie par une finesse peu commune chez un vin rouge qui étonne. La fin de bouche est très rafraîchissante avec une longueur de cinq à six caudalies. Ce vin accompagne à merveille tous les types de fromages.

 

 

Château Bellevue, Saint-Emilion Grand cru, 2013

Encépagement :  100% Merlot

Prix :   A partir de 36 euros

Général : L’année 2013 a réputation d’être un millésime complexe en raison d’une période de froid exceptionnelle et de précipitations importantes survenues au printemps et en été. Cultivées sur une parcelle inaugurée en 1652 aux sol argileux très compacts sur une colline au bord du plateau de Saint-Emilion, qui a la particularité d’être très exposée au vent d’ouest, les vignes profitent d’une aération optimale qui évacue efficacement les excédents d’eau. Cette cuvée bénéficie d’un encuvage spécifique par parcelle. La macération est effectuée dans des cuves en béton thermorégulées, dont la moitié est équipée d’un dispositif de piégeage, procédé consistant à noyer le chapeau de marc de raisin par immersion dans le liquide de la cuve.

Dégustation : La robe d’un rouge sombre profond présente de timides éclats rubis. Le disque est limpide et brillant. Au nez se dévoilent des notes de sous-bois, de cuir et de réglisse. Les tanins sont plus prononcés et donnent lieu à une astringence plus forte, bien que relativisée par une sensation de fraicheur portée par des notes minérales et de fruits noirs. Le vin est rond et les tanins lui donnent de la structure. La fin de bouche est persistante avec cinq à six caudalies.

 

Château Angélus, Saint-Emilion Grand cru, 2011

Encépagement : 60% Merlot, 40% Cabernet Franc

Prix : A partir de 250 euros

 

Général : Depuis 1955 a lieu le classement des vins de Saint-Emilion. En 2012, le Château Angélus parvient à se classer Grand cru catégorie A, aboutissement des efforts de son dirigeant Hubert de Boüard qui a mené la cuvée sur la voie de la modernité depuis le début des années 1980. En taillant court et en vendangeant tard, le Château cherche à concentrer l’énergie des ceps sur un nombre restreint de raisins afin de favoriser le contrôle de l’acidité et les concentrations en sucre. C’est d’ailleurs dans cet esprit que les vignerons coupent et se séparent de grappes qualitativement viables au profit des raisins restants.

Dégustation :  Le vin arbore la robe la plus sombre des vins de cette dégustation. Le disque est lui aussi brillant et limpide. La différence se mesure tout d’abord au nez, bien plus expressif que les vins précédents. On perçoit d’emblée des arômes de sous-bois et de fruits noirs plus affirmés. Mais les éléments distinctifs de ce Grand cru sont sa finesse et sa fraîcheur. Les tanins sont présents et se ressentent dans la structure, mais leurs effets sont adoucis par la fraicheur qu’instillent les notes fruitées du Cabernet Franc. On peine à discerner son titre alcoolique qui est pourtant de 14,5 degrés. Le final marque l’apogée de sa montée en puissance.

 

Le saviez-vous ?

Vous avez peut-être déjà entendu dire que les larmes qui se forment sur la paroi du verre quand il est remué alors qu’il contient du vin est un signe de qualité. En effet, nombreux sont ceux qui prétendent que les larmes du vin sont un indicateur d’une haute teneur en glycérol, composé important des glycérides (graisses et huiles) qui participe à l’onctuosité du vin. Mais il ne s’agit là que de la manifestation d’un effet bien connu de physique des fluides du nom d’effet Marangoni. Dans le vin, l’eau et l’alcool sont imparfaitement mélangés et l’eau a tendance à « fuir le vin », ce qui provoque la formation des larmes sur les parois du verre.


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